La victoire de François Hollande et de la gauche marque la première étape de la reconquête. , et un rejet clair d’une méthode, faite d’arrogance, et d’une politique, dont l’échec est multiple. Ils ont échoué dans les domaines économique et social, avec pour première conséquence une très forte augmentation du chômage. Ils ont aussi échoué là où ils se sont toujours érigés en donneurs de leçons : la sécurité ou la maîtrise de la dette. François Hollande hérite d’une situation complexe et tendue.
Les 10 et 17 juin, l’enjeu n’est pas moindre. Aux élections législatives, il faut donner au nouveau Président de la République les moyens d’agir et d’agir vite. Ne pas lui apporter de majorité de gauche à l’Assemblée Nationale reviendrait à faire du Président un général sans bataillon, seul au front. Dès aujourd’hui, la campagne des législatives démarre. Elle doit être active et pédagogique, car rarement les enjeux n’ont été aussi cruciaux et complexes. Ce sera la seconde phase de la reconquête, avec dans notre circonscription l’élection de Jack Lang, dont on connaît la force et le rayonnement, et l’amitié qui le lie à François Hollande. Jack Lang député des Vosges sera incontestablement un atout maître dans le redressement indispensable de notre territoire, après tant d’années d’abandon.
La troisième étape est celle du Rassemblement. Si la droite a échoué, c’est très largement parce qu’elle a dirigé le pays de façon aveugle, soumise au pouvoir financier, sans ressentir les souffrances des Français, les méprisant même si souvent et jouant de la division et des peurs. Nous devons rassembler autour de valeurs simples et d’engagements clairs et inscrits dans la durée, car il faudra du temps pour relever ce qui a été cassé.
Je tiens, enfin, à remercier les Déodatiennes et les Déodatiens qui ont voté très majoritairement pour François Hollande, mieux que la moyenne nationale. J’y vois là une attente forte, car nous sommes au cœur d’un bassin qui subit plus violemment les effets de la crise. J’y vois aussi un engagement fort aux côtés de mon équipe dont l’action au quotidien repose sur les valeurs que nous partageons avec le Président de la République et, j’espère, demain, avec la nouvelle majorité à l’Assemblée Nationale.
Christian Pierret
Maire de Saint-Dié-des-Vosges
Ancien Ministre
« Une attente forte »
François Hollande est arrivé en tête à Saint-Dié avec 52,80%des suffrages, soit 585 voix d’avance sur Nicolas Sarkozy. L’événement a été célébré en ville par un concert de klaxons.
La bonne trouvaille que voilà ! L’écran géant qui diffusait en direct les images de France 2 hier soir à l’espace François-Mitterrand a eu plusieurs mérites. Primo, de découvrir à 20 heures précises le visage du nouveau Président de la République. Un tout nouveau Chef de l’Etat qui a été acclamé, devant un maire tout ému, par une assemblée de partisans qui connaissaient à peu près tous le résultat depuis une bonne heure. Tandis que la salle se vidait petit à petit, ces intermèdes télévisuels à forte dimension émotionnelle – tant pour le nouveau que pour le président sortant – ont permis de patienter, tandis que les résultats déodatiens arrivaient au compte-gouttes. Ils n’ont toutefois altéré que modérément l’impatience de Christian Pierret qui n’en revenait qu’il faille attendre 20 h 43, soit plus de 2 h 30 après la fin du scrutin, pour obtenir les derniers résultats. « Ça semble laborieux alors qu’il n’y a que deux candidats », a pesté le maire. C’était toutefois pour l’équipe municipale le seul bémol d’une belle soirée qui s’est terminée rue Thiers. Le maire a évidemment salué l’élection de François Hollande. Mais il a aussi noté le bon score du candidat de gauche dans sa ville, avec 52,80 % des suffrages. François Hollande arrive en tête dans six bureaux sur 14, avec des taux très importants dans les quartiers. Le candidat socialiste obtient 73,83 % des voix à Kellermann, 69,9 % à Saint -Roch et 72,76 % à l’Orme.
« J’y vois une attente forte car nous sommes dans une ville et une région qui subit violemment les effets de la crise. J’y vois aussi une reconnaissance du travail de mon équipe municipale dont l’action au quotidien repose sur les valeurs que nous partageons avec François Hollande, notre Président de la République », a proclamé le maire, avant de se tourner vers le prochain scrutin, celui des législatives. « Ce n’est qu’une première étape de la reconquête démocratique : en juin pour les élections législatives, il faudra amplifier ce mouvement. »
A noter le nombre croissant de votes blancs dans une ville où Marine Le Pen a obtenu au premier tour 22,22 % des voix. Le 22 avril dernier, 225 électeurs déodatiens avaient glissé dans l’urne un vote nul ou blanc. Ils étaient 470 hier, soit plus du double. Hier soir, le leader de l’opposition Serge Vincent analysait le résultat dans sa dimension nationale et non locale : « Nous avons un nouveau Président de la République. Il faut désormais rassembler les Français très divisés. »
Article paru dans le quotidien Vosges Matin, le 7 mai 2012 – Philippe Cuny






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