SAINT-DIE : MEETING PRO-HOLLANDE OU ANTI-SARKOZY ?
Derrière Lang et Pierret, les socialistes déodatiens ont affirmé, chanté, hurlé leur soutien à Hollande, hier. Et leur mépris de la droite.
Christian Pierret, le visage rouge d’émotion et d’essoufflement, les bras levés, entonne la Marseillaise… Il y avait du lourd, du très lourd, des docteurs ès talents oratoires sur l’estrade campée hier dans le gymnase du quartier Saint-Roch à Saint-Dié. Difficile pour François Hollande de trouver meilleurs porte-parole que les deux anciens ministres socialistes que sont Jack Lang et Christian Pierret. Qui, au nom d’une vieille amitié, foulent depuis des semaines le pavé de l’Est vosgien avec l’objectif de balayer toute présence sarkozyste sur le territoire national comme local. Les 300 personnes, en majorité des militants et sympathisants socialistes, étaient installées depuis un bon quart d’heure que Claude Buchoud, secrétaire de la section PS organisatrice de ce meeting de soutien à François Hollande, annonçait la couleur : oui, il s’agissait de réaffirmer le soutien des socialistes de la Déodatie à la candidature présidentielle de François Hollande, mais aussi à celle de Jack Lang aux prochaines législatives. Un double objectif donc…
Deux hommes à abattre
Enfin, plutôt un triple objectif. Parce que dans les déclarations des uns et des autres, on attaquait davantage que l’on soutenait. Buchoud, Lalandre, premier fédéral, Lang et Pierret ont utilisé plus de la moitié de leur temps de parole à « descendre » Sarkozy et sa politique. Comme si, finalement, il était plus important de voter contre le président sortant que pour le candidat PS… même lorsque l’on porte fièrement le rose. Les arguments n’ont pas manqué pour s’attaquer à Sarkozy comme à son fidèle lieutenant, le député Gérard Cherpion. Tout y est passé : les dommages sur le terrain des services publics et la désindustrialisation, le «champ de ruines» que représente aujourd’hui l’école, le taux de chômage qui flirte avec les 10 %. «Souvenez vous, en 2007 le nouveau président nous avait dit : ‘’Je passerai le chômage à 5 %, si j’échoue il faudra me le dire.’’ Et bien oui nous allons le lui dire ! », clamait Christian Pierret, qui dénonçait cette politique de mondialisation qui a entraîné Gantois, fleuron de l’industrie locale, à s’installer en Roumanie. « Cette aventure industrielle imbécile à fait perdre 70 millions d’€ et des centaines d’emplois dans cette ville ! Une piteuse, une désastreuse aventure de l’abandon de l’industrie… » Le maire dénonce cet amour du luxe et du superficiel qui caractérisent le président sortant. « On sait tout sur les rollex et les bateaux de luxe mais on ne trouvera jamais chez cet homme une vision de la France à long terme ! » Pour tourner la page de la droite, il faut un homme incarnant « le besoin de vérité », qui « tienne sa ligne » et soit doté du « sens de l’Etat ».
Des qualités
Lang et Pierret les ont vantées, les qualités de Hollande, qui « n’a pas cherché à faire risette à l’un et les yeux doux à l’autre » pour mettre les voix de son côté ; qui sait « garder son cap » ; on loue « son immense capacité de travail », « son extraordinaire intelligence » , « son sens de l’humain » et « sa passion des autres ». Jack Lang le soutient pour l’avenir qu’il veut redonner à l’école ; un « président solide, sérieux, qui ne changera pas d’avis comme de chemise.» Du côté de l’ancien occupant de Bercy, le discours est fait d’emploi et de croissance mais le fond est là : « François a les capacités de l’emporter par des valeurs de gauche, des valeurs d’égalité pour une France plus forte. On doit mobiliser autour de nous pour que François remporte non pas une victoire, mais une grande victoire ! » Place à la Marseillaise… et au deuxième tour ?
REACTIONS
« Une parfaite symbiose »
Pierre Leroy, adjoint au maire de Saint-Dié, a été séduit par « le grand dynamisme et la parfaite symbiose entre tous les orateurs. » « J’ai apprécié le sens profond de la nécessaire cohésion, d’un sentiment de justice, l’essentiel de cette campagne. »
« Le changement, absolument »
Fatih Turan a soufflé ses 18 bougies en mars. Il a donc voté au premier tour de la présidentielle, pour la 1ere fois. Avec l’objectif de « battre le sarkozysme » : « C’est la première chose qu’il faut faire, il a raison Monsieur le maire. Il faut le changement, absolument. »
Article paru dans Vosges Matin le 28 avril 2012 – Laure COSTALONGA




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